25

 

Sabin pressa son poignet contre la bouche de Gwen, et des dents pointues s’enfoncèrent dans ses veines. Il ferma les yeux pour mieux savourer la douceur de ces lèvres qui le suçaient avidement… Son sexe devint si dur qu’on aurait pu le classer parmi les armes contondantes. C’était la deuxième fois qu’il nourrissait Gwen et elle était en voie de guérison. Elle avait refusé tout net de s’abreuver à son cou, là où le flux plus abondant lui aurait pourtant permis de guérir plus vite.

Et il y avait pire… Elle se murait dans le silence.

Aussi, il parla pour deux. Il lui raconta que les enfants capturés au cours de la bataille de Budapest étaient toujours au château, mais qu’on les avait installés dans un endroit confortable. Les ailes de ses sœurs avaient repoussé plus vite que prévu. Elles s’étaient échappées de leur cellule et avaient réintégré leur chambre, à côté de la sienne. Elles étaient probablement furieuses, mais demeuraient pour l’instant étrangement discrètes et silencieuses.

Crainte aussi se taisait en ce moment.

Il suffisait qu’il se trouve dans la même pièce que Gwen pour que son démon cherche à se faire oublier. Crainte doutait de lui-même et craignait la harpie de Gwen… C’était un comble ou un juste retour des choses : tout dépendait du point de vue…

Évidemment, dès que Sabin s’éloignait du danger, le petit monstre cherchait des victimes et, s’il n’en trouvait pas, il se vengeait de sa frustration en s’acharnant sur lui. Mais il laissait Gwen tranquille et n’osait plus prononcer un mot contre elle. Maintenant qu’il l’avait vue à l’œuvre avec une armée de chasseurs, il savait de quoi elle était capable. Il n’essayait plus de convaincre Sabin qu’elle ne lui était pas destinée, de peur sans doute de la mettre en colère.

Mais Sabin aurait préféré qu’elle se mette en colère. Tout, plutôt que ce silence méprisant.

Il soupira. Il avait hâte de sauter dans un avion pour partir à la recherche de ses compagnons disparus à Chicago. Mais il fallait d’abord qu’il se remette de la sanglante bataille de Budapest. Pour l’instant, il n’était bon à rien. Aeron et Paris non plus. De plus, il restait peut-être des chasseurs en ville, et il fallait les tuer avant qu’ils ne prennent d’assaut le château.

Ce matin, Torin avait laissé « accidentellement » s’échapper l’un des nouveaux prisonniers, après lui avoir, bien sûr, épinglé un traceur. Il suivait en ce moment le moindre de ses mouvements, et espérait qu’il les mènerait à l’endroit où se cachaient les rescapés.

Ils en étaient donc réduits à attendre. Et l’attente était ce que Sabin supportait le moins. Il avait supplié les harpies d’aller au secours du groupe de Chicago, en leur promettant une fortune, mais elles lui avaient claqué la porte au nez. L’argent ne les intéressait pas et il le savait. Ce qu’elles voulaient, c’était que Gwen fasse ses bagages. Mais cela, il ne pouvait pas le permettre.

Car il l’aimait.

Elle comptait pour lui plus que sa guerre, plus que sa haine contre les chasseurs. Elle était certes la fille de Galen… Et après ? Qui était-il pour la juger, lui qui était possédé par le démon de la Crainte ? Gwen n’aiderait pas son père : de cela, il était certain. Elle chercherait probablement à entrer en contact avec lui et à établir un lien, et c’était justement pourquoi lui, Sabin, devait lui prouver qu’il représentait désormais toute sa famille.

Il regrettait amèrement de l’avoir enfermée. Il aurait dû lui faire confiance, lui donner spontanément l’occasion de prouver sa valeur au combat. Car de la valeur, elle en avait… Elle les avait tous sauvés.

La pression des lèvres qui aspiraient le sang de son poignet se relâcha, puis Gwen le repoussa en détournant la tête. Il était installé sur un fauteuil inclinable qu’il avait tiré près du lit, parce qu’elle n’avait pas voulu qu’il s’allonge près d’elle, comme elle n’avait pas voulu s’abreuver à la veine de son cou. Elle avait également refusé de s’asseoir sur ses genoux, et il avait donc apporté pour elle un deuxième fauteuil, sur lequel elle se trouvait en ce moment.

Ses lèvres étaient luisantes et enflées, comme si elle venait d’embrasser.

— Merci, murmura-t-elle.

Enfin… Ce faible « merci » était son premier mot depuis qu’elle avait repris conscience.

— C’était avec plaisir, répondit-il.

— Je m’en suis aperçue, dit-elle sèchement.

Il entrouvrit prudemment les paupières. Elle ne s’était pas précipitée sur le lit, comme tout à l’heure, elle restait dans le fauteuil, droite comme un I, en fixant un point dans le vide. Son visage exprimait la plus farouche détermination. Il eut l’impression qu’elle se préparait à lui annoncer qu’elle le quittait et l’angoisse lui noua le ventre.

— Comment vont Aeron et Paris ? demanda-t-elle.

— Ils se remettent peu à peu de leurs blessures, comme les autres, répondit-il. Grâce à toi.

— Grâce à William, corrigea-t-elle. J’étais à bout de forces et, seule, je n’aurais jamais pu…

— C’est toi qui nous as sauvés, coupa-t-il. Je n’ai jamais vu personne combattre avec autant de courage et d’ardeur. Pourtant, tu n’avais aucune raison de le faire et toutes les raisons de t’abstenir. Je ne te remercierai jamais assez pour tout ça.

— Je ne veux pas de tes remerciements, dit-elle en devenant écarlate.

Mais elle conserva son air buté et il comprit qu’elle ne rougissait pas de timidité ou de désir, mais de colère. Pourquoi s’énervait-elle ? Il ne faisait que lui manifester sa gratitude… Mais il n’insista pas et attendit qu’elle se calme.

— Je me sens mieux, dit-elle enfin. Je crois que je suis remise.

— Tant mieux.

— Ce qui signifie que…

Sa voix se brisa.

— … je vais quitter ce château.

Elle l’avait dit… Il s’y était attendu, mais il en resta saisi. Il eut envie de hurler qu’elle n’avait pas le droit, qu’elle lui appartenait pour toujours, mais il savait mieux que personne ce qu’il risquait en donnant des ordres à une harpie.

— Pourquoi ? bredouilla-t-il enfin.

D’un geste brusque, elle glissa une de ses longues boucles derrière son oreille.

— Tu le sais très bien, rétorqua-t-elle.

— Mais je veux tout de même l’entendre.

Elle daigna, cette fois, tourner vers lui un regard de braise.

— Tu veux l’entendre ? Très bien. Tu t’es servi d’un secret que je t’avais confié pour me réduire à l’impuissance. Tu as attaqué mes sœurs, tu m’as forcée à les attaquer et à les enfermer pour aller à ton secours. Tu ne m’as pas fait confiance et ça a failli te coûter la vie.

Elle se leva, les poings serrés.

— Ça a failli te coûter la vie ! répéta-t-elle.

L’idée qu’il avait frôlé la mort la mettait manifestement hors d’elle. Une vague d’espoir le submergea. Il bondit vers elle et l’entraîna sur le lit avant qu’elle ait eu le temps de battre des paupières. Puis il la cloua au matelas en s’allongeant sur elle.

Elle ne se débattit pas et plongea ses yeux dans les siens.

— Je pourrais te briser la nuque, dit-elle.

— Je sais.

Ce n’était qu’à moitié vrai, car cette position paralysait ses ailes et la privait d’une grande partie de sa force. Il en prit conscience et roula avec elle pour la placer au-dessus de lui. Plus jamais il ne se servirait contre elle du secret qu’elle lui avait confié.

— J’ai fait ça pour ton bien, expliqua-t-il. Je ne voulais pas que tu t’exposes, que tu prennes le risque d’être blessée. Je ne voulais pas non plus que tu sois obligée de lutter contre ton père.

— Ce n’était pas à toi d’en décider.

— Je sais. Mais j’avais besoin de te savoir en sécurité. C’était stupide de ma part. Je reconnais avoir commis une erreur. Tu es une meilleure combattante que moi, je le reconnais.

Elle enroula ses jambes autour de sa taille, plaçant ainsi son pubis contre son sexe en érection. Il gémit et la saisit par les hanches pour l’empêcher de remuer.

— Je n’ai plus confiance en toi, murmura-t-elle.

— Tu as tort. Tu peux me faire confiance. Jamais plus je ne te trahirai. Même si je devais choisir entre mes compagnons et toi.

— Menteur !

Elle le gifla si violemment qu’elle lui brisa l’os de la pommette. En dépit de la douleur, il ne se plaignit pas, ne riposta pas, ne la lâcha pas. Il tourna simplement son visage vers elle, lentement, prêt à encaisser un nouveau coup. Il avait mérité sa colère. Il était prêt à se laisser arracher la peau si cela pouvait arranger les choses entre eux.

— Je doute de tout ce que tu dis et tu n’y peux rien, ajouta-t-elle d’un ton furibond. Je me méfie plus de toi que de ton affreux démon. Et je sais que tu n’auras jamais vraiment confiance en moi. Après tout ce que tu m’as fait…

— Moi aussi, j’ai des points faibles, coupa-t-il.

Il ne savait plus que faire pour la calmer, pour arrêter le flot de sa haine.

— Tu m’as confié tes secrets, je vais te confier les miens en retour, pour te montrer que tout a changé, que je te fais entièrement confiance, que je ne tenterai plus jamais de t’écarter d’un combat.

Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais il ne lui en laissa pas le temps.

— Quand j’appartenais à la garde du roi des dieux, j’ai perdu un œil. Zeus l’a remplacé. Mais le nouveau n’est pas aussi performant que l’ancien, et je ne peux pas distinguer ce qui se passe à une très grande distance, comme mes compagnons.

Elle agrippa sa chemise et tira sur le tissu pour lui découvrir le ventre. C’était encourageant. Il poursuivit.

— Qu’est-ce qui me prouve que tu ne me mens pas ? demanda-t-elle.

— Je t’ai déjà dit qu’il m’était impossible de mentir. À cause de mon démon. Et ça aussi, c’est un point faible.

— Tu m’as affirmé que tu n’utiliserais jamais mon secret contre moi. C’était un mensonge et tu n’as pas sombré dans le coma…

— Ce n’était pas un mensonge. J’étais sincère au moment où je l’ai dit.

Elle ne répondit pas.

— Je me bats toujours avec deux lames, reprit-il, parce que j’ai le mauvais réflexe de saisir mon adversaire quand j’ai une main libre. Je ne compte plus les doigts que ça m’a fait perdre… Celui qui parvient à faire tomber une de mes lames est presque sûr d’avoir le dessus sur moi.

Il n’en avait jamais parlé à personne, pas même à ses compagnons qui l’avaient par ailleurs probablement remarqué. Il fut surpris de la facilité avec laquelle il se confiait à Gwen.

— Je… Il me semble que je m’en étais aperçue, dit-elle d’un ton moins agressif. Pendant l’entraînement.

— Mon talon d’Achille, c’est mon genou gauche. La moindre pression et je m’effondre. C’est pour ça que je me présente toujours de trois quarts devant un adversaire.

Elle battit des paupières, comme si elle tentait de se souvenir de leurs séances d’entraînement pour vérifier qu’il disait vrai. Quelques minutes s’écoulèrent dans le silence. Sabin en profita pour inspirer profondément, afin de se remplir de son odeur.

— Mais je ne t’ai pas encore avoué le plus important, reprit-il. Ma plus grande faiblesse, celle qui me met en danger à chaque instant, c’est toi.

Il soupira.

— Alors, si tu veux partir, tu peux partir, poursuivit-il d’une voix basse et intense. Mais sache que je pars avec toi. Si tu tentes de me semer, je te suivrai tout de même à la trace. Si tu décides de rester et que tu me demandes d’abandonner ma lutte contre les chasseurs, j’abandonnerai. Tu comptes plus que tout, pour moi. Je préférerais mourir plutôt que de vivre sans toi, Gwendolyn.

Elle secoua la tête. Son visage exprimait l’incrédulité autant que l’espoir.

— Mon père…

— Aucune importance…, coupa-t-il.

— Mais…

— Je t’aime, Gwen.

Il l’aimait. Plus que tout. Plus qu’il n’avait jamais aimé. Plus que lui-même. Et ce n’était pas peu dire…

Elle s’humecta les lèvres. Elle hésitait encore à céder.

— Mais les autres femmes…

— Les autres femmes ne m’intéressent pas. Nous sommes destinés l’un à l’autre. Jamais plus je ne toucherai une autre femme, pas même pour gagner une bataille. Te faire souffrir me détruirait. J’ai mis du temps, mais j’ai fini par le comprendre.

— Je ne demande qu’à te croire, murmura-t-elle.

Elle contempla fixement ses mains posées sur son torse et les déplaça lentement, prudemment.

— Mais j’ai peur.

— Dans ce cas, donne-moi du temps. Laisse-moi te prouver que je ne mens pas. Je t’en prie… Je sais que je n’ai rien fait pour mériter une seconde chance, mais je te supplie tout de même de me l’accorder. Je suis prêt à te donner tout ce que tu désires, tout ce que…

— Ce que je désire, c’est toi, coupa-t-elle en le fixant de ses pupilles dilatées. Tu es là, en vie, et je ne vois rien de plus important pour le moment. Je te veux. Tout de suite.

Elle déchira sa chemise d’un coup sec et sa bouche plongea vers l’un de ses seins.

— J’ignore où ça nous mènera, mais pour l’instant, j’ai envie de toi et c’est tout. Je suis prête à croire tout ce que tu veux, mais il faut que tu me montres le chemin. Que tu me montres comment t’aimer.

Il glissa ses doigts dans la masse de ses cheveux et roula avec elle sur le lit. Son cœur se gonfla de joie. Elle ne lui avait pas promis un amour éternel, mais il était prêt à se contenter de cette déclaration. Pour l’instant.

Il parvint à les déshabiller tous les deux en même temps et, bientôt, ils se retrouvèrent nus, peau contre peau. Il poussa un soupir de bonheur. Elle gémit en enfonçant ses ongles dans ses épaules.

Il la couvrit de petits baisers furieux, du cou jusqu’aux seins, s’arrêtant au passage pour honorer ses tétons roses, poursuivant son chemin plus bas, s’arrêtant de nouveau pour plonger sa langue dans son nombril. Elle se laissa faire, en ondulant de plaisir.

— Attrape la tête de lit, ordonna-t-il.

— Pardon ?

— La tête de lit. Attrape-la.

Elle le fixa d’un air incrédule, en battant des paupières, puis elle se décida à obéir, leva les bras pour s’agripper à la tête de lit et se cambra, ses seins d’albâtre et ses tétons rosés pointés en avant.

— Maintenant passe tes jambes autour de mes épaules, dit-il d’une voix rauque, tout en faisant rouler sous ses doigts l’un de ses superbes mamelons.

Cette fois, elle n’hésita pas et s’exécuta en poussant un cri étouffé, tout en se frottant contre lui. Quand il sentit ses talons se planter dans son dos, il écarta les lèvres de son sexe et y enfouit sa tête.

Elle avait un goût indescriptible, fort et doux à la fois, parfait, comme dans son souvenir. Il le savoura un moment tout en taquinant son clitoris, puis s’écarta pour plonger les doigts dans son fourreau tiède. Elle poussa un cri de plaisir qui résonna dans la chambre.

— Je n’arrive pas à croire que j’aie pu me retenir si longtemps…, gémit-il.

— Encore…

— Je t’ai dit à quel point je te trouvais belle et désirable ? À quel point je t’aimais ?

— Encore…

Il ne put s’empêcher de rire et accéléra la cadence de ses doigts, tout en travaillant son clitoris avec sa langue. Elle balançait la tête d’avant en arrière, ses boucles s’envolaient dans toutes les directions, son corps frissonnait.

— Encore, chantonna-t-elle de nouveau. Encore.

Quand il joignit un troisième doigt au deux déjà en action, elle eut aussitôt des spasmes. Ses muscles le retenaient à l’intérieur, l’aspiraient, se refermaient sur lui. Il suça plus fort son clitoris, plus vite, pour la mener à l’orgasme.

Il attendit qu’elle crie son nom et qu’elle s’effondre mollement sur le matelas pour cesser de la caresser. Son sexe chercha aussitôt l’étroit conduit entre ses cuisses et y entra un peu. Mais il ne voulait pas. Pas encore.

Elle ouvrit les yeux quand il se retira et le fixa de ses yeux ambre, en se mordillant la lèvre inférieure.

— Je jure de ne plus jamais te faire de mal, promit-il.

Puis il la retourna sur le ventre.

— Et je vais te le prouver.

Elle poussa un cri étouffé et rua pour se libérer de son poids, mais il l’en empêcha en s’écrasant sur elle, arrêtant net le frénétique battement de ses ailes. Elle se figea.

— N’aie pas peur, mon amour.

Puis il posa ses mains sur les siennes, bien à plat, et cala son sexe entre ses fesses. Il haletait et elle sentait son souffle chaud balayer ses omoplates.

— Je dois m’excuser auprès de ces jolies ailes, murmura-t-il en s’écartant légèrement pour les regarder. Tu me permets de les toucher ?

Elle ne tenta pas de se débarrasser de lui, cette fois, mais elle s’arrêta net de respirer et un petit sifflement se fit entendre dans sa gorge. Incapable de parler, elle se contenta d’acquiescer.

— Cesse de les agiter, s’il te plaît, demanda-t-il.

Le battement ralentit peu à peu, puis cessa.

Centimètre par centimètre, il les couvrit de baisers, une à une. Elles étaient douces et fraîches comme la soie. Elles n’étaient pas couvertes de plumes, pas même de duvet, et il en fut surpris. Elles étaient faites d’une membrane transparente et traversées d’un réseau de veines bleutées dans lequel courait un liquide transparent comme le cristal. Il eut soudain honte d’avoir malmené de si délicates et fragiles excroissances.

— Je suis désolé, dit-il. Sincèrement désolé. Jamais je n’aurais dû m’en prendre à tes ailes. Je ne sais pas comment m’excuser.

— Je… Je t’ai pardonné, assura-t-elle d’une voix rauque et sensuelle. Je comprends tes raisons. Je suis furieuse d’avoir été trahie, mais je comprends tes raisons.

— Je me rattraperai, je te le jure. Je…

— Viens en moi, coupa-t-elle. Tout de suite.

Elle remua les fesses, pour chercher la pointe de son sexe.

— Tu m’as terriblement excitée, gémit-elle. Je ne peux pas m’arrêter en si bon chemin.

— Oui… Oui. Du calme. Tu es fertile, en ce moment ?

— Non.

Il lui saisit alors les hanches et la pénétra. Ils crièrent ensemble. C’était bon. Trop bon. Bien meilleur que tout ce qu’ils avaient tenté jusque-là. Ils sentaient tous deux qu’ils ne faisaient plus qu’un. Elle lui appartenait. Et réciproquement.

Il prit appui sur son dos avec son ventre et glissa ses mains sous elle. L’une s’occupa de son clitoris, l’autre se mit à pétrir l’un de ses seins. Il attaquait toutes les zones érogènes en même temps. Elle allongea les bras, s’appuya à la tête de lit et se cambra pour aller à sa rencontre.

Elle allait bientôt exploser. Et lui aussi était au bord de la jouissance, mais il s’efforça de se retenir, pour faire durer ce moment où il n’était plus le guerrier Sabin, mais seulement le mâle de Gwen la harpie.

Un cri explosa soudain dans la chambre et elle s’immobilisa contre lui, absorbant le jet chaud, laiteux et intermittent qu’il lançait en elle.

Ils restèrent ainsi longtemps, l’un dans l’autre, sans bouger, avant de retomber sur le matelas. Puis il la fit rouler sur le côté pour ne pas l’écraser sous son poids.

Il l’attira à lui et elle se pelotonna contre son torse. Sans doute était-ce cela, le paradis…

— Ce n’est pas la première fois que tu me demandes si je suis dans une période fertile, dit-elle en rompant le silence, toujours haletante. Dois-je en conclure que tu peux avoir des enfants ? Ashlyn est enceinte, mais j’ai toujours pensé que le père de son bébé n’était pas Maddox. Mais… Au fait… Si je suis la fille de Galen, c’est que vous pouvez concevoir…

— Oui, nous le pouvons. Et Maddox est bien le père du bébé d’Ashlyn. Tu as déjà entendu parler des dieux qui enfantent avec des mortelles, je suppose ?

— Oui. Mais vous avez été créés adultes, par Zeus. Vous n’êtes pas nés du ventre d’une femme. C’est pour cela que je croyais que… enfin que… que vous ne n’aviez pas ce qu’il fallait pour faire des bébés… Pas de sérum…

Pas ce qu’il fallait pour faire des bébés ? Il eut envie de rire.

— Nous avons plus d’hormones, plus de cellules sanguines et plus d’autres choses que les humains. C’est pour cela, entre autres, que nous guérissons si vite. Par contre, la plupart des femelles humaines ne peuvent pas supporter notre sérum pour les bébés, comme tu dis, et leur corps le rejette.

— Tu crois que je le supporterais ?

— Je crois que tu peux tout supporter.

Elle se détendit. Il crut même la voir sourire.

— Tu voudrais des enfants ? demanda-t-elle.

Il n’en avait jamais voulu, jusque-là. Il menait une vie trop compliquée, trop turbulente. Mais l’idée d’avoir un enfant de Gwen le séduisait. Une fille. Qui ressemblerait à sa mère. Une deuxième bénédiction pour lui.

— Oui, répondit-il. Mais pas tout de suite. Pas tant qu’il y aura cette guerre.

Elle resta songeuse quelques minutes.

— Cette guerre…, soupira-t-elle enfin. Je ne veux pas que tu cesses ton combat à cause de moi, mais… Je ne sais pas si je peux vivre en pleine guerre.

— Je comprends.

Il comprenait, mais il était prêt à tout pour la convaincre de rester. Et si elle partait, il la suivrait. N’importe où. Elle allait avoir du mal à se débarrasser de lui.

— Ne t’attends pas à ce que je te regarde t’éloigner sans réagir, dit-il.

— Le sujet n’est pas d’actualité pour l’instant, rassure-toi. Je veux d’abord t’aider à retrouver tes compagnons. Tu me ferais suffisamment confiance pour accepter que je t’accompagne à Chicago ?

— Oui. Même si je te surprenais dans les bras de Galen, j’aurais toujours confiance en toi.

Elle laissa échapper un rire cristallin.

— Ça, j’aurais besoin de le voir pour le croire !

Elle caressa son torse du bout de l’index.

— Il faut que je parle à mes sœurs, murmura-t-elle.

— Bonne chance, répondit-il en saisissant son doigt pour le porter à sa bouche.

Elle soupira de nouveau.

— Elles sont restées pour me punir.

— Elles ne te feront pas de mal, déclara-t-il d’un ton féroce.

Il ne le permettrait pas, en effet.

Leurs mains s’entrelacèrent, et elle pressa doucement les siennes.

— Comment vont Danika et Ashlyn ?

— Elles te sont infiniment reconnaissantes de ce que tu as fait. Et elles s’inquiètent pour Reyes et les autres.

Gwen se redressa d’un bond et ses longs cheveux retombèrent en cascade dans son dos.

— Je vais prendre une douche pour me secouer. Tu devrais organiser une réunion pour… disons… dans une heure.

Il ne lui demanda pas pourquoi elle réclamait une réunion. Il lui faisait désormais aveuglément confiance.

— Entendu, dit-il seulement.

Le piège des ténèbres
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